La leçon d’allemand de Siegfried Lenz

avril 15, 2009

Le sujet de la rédaction paraît simple au premier abord : “Les joies du devoir”. Pourtant Siggi Jepsen, détenu dans une prison pour jeune délinquant, va rendre une copie blanche. Face à cette simple phrase qui ressort sur le tableau noir, les souvenirs du jeune Siggi vont ressurgir d’un seul coup, impossible de discipliner ce tourbillon de pensées dans le laps de temps que laisse le professeur Korbjuhn. La copie restera donc blanche, et Siggi sera puni : il restera enfermé dans sa cellule jusqu’à qu’il ait terminé sa rédaction.

Le jeune homme va alors peu à peu dévider sa mémoire et ses souvenirs sur le papier du cahier et nous confier sa jeunesse.
Dans un petit village allemand, à l’extrême Nord du pays, en 1943, durant la seconde guerre mondiale, un ordre de Berlin arrive sur le bureau du policier de Rugbüll : le père de Siggi, interdisant à Max Ludwing Nansem, communément appelé, le peintre, d’exercer sa profession. Les deux hommes sont pourtant des amis d’enfances, mais poussé par son devoir, le brigadier va obéir aveuglément et essayé d’utiliser son fils dans ce qu’il considère comme sa mission.

Mais l’enfant va devenir le complice du peintre, et tenter de préserver certaines toiles et l’histoire de son combat contre son père va donc se dérouler sous nos yeux petits à petits.

Ce livre est tout d’abord passionnant par son thème : cette révolte de l’enfant face aux œillères de son père, qui se borne à obéir aveuglément à des ordres. Une belle réflexion sur cette valeur du “devoir”, on ne ressort pas totalement indemne de cette lecture.
Par son écriture ensuite et surtout ses descriptions d’un pays constamment balayé par la Mer du Nord et le vent que j’ai beaucoup apprécié. Une notamment, sur ce changement perpétuel du paysage, sur cet émerveillement sans cesse renouvelé face à un pays aux multiples visages que Siggi connaît pourtant par cœur.

Et puis, je garde quelques réserves, face à un livre qui m’a parfois parut un peu long, des moments de lassitudes qui m’ont fait lâcher le livre de temps à autres…

Un dernier mot pour remercier Blog-o-Book et leur partenariat avec Robert Laffont de m’avoir fait découvrir ce livre et cet auteur.


Jean-Marie Gustave Le Clézio

avril 5, 2009

Comme beaucoup de monde, suite à son prix Nobel, j’ai essayé de me plonger dans la prose de Le Clézio. Mais je m’y suis peut-être mal pris, je l’avoue, je n’ai pas dû choisir les bons livres… En effet après la lecture de deux de ces livres, le bilan reste pour moi mitigé…

J’ai tout d’abord essayer de commencer par Voyage à Rodrigues, je dis bien essayé car je n’ai même pas réussit à finir la centaine de pages de ce petit livre… Je me suis tout simplement profondément ennuyée. Je n’ai pas du saisir la poésie du roman… Embarassed Enfin j’ai vite abandonné…

Mon deuxième essai, et cette fois je suis allée jusqu’au bout, est Révolutions. Le livre ne m’a toujours pas transcendé même si j’avoue tout de même que le roman est intéressant par certains côté, l’aspect historique, biographique…

Enfin bon au final je ne suis pas vraiment convaincue, et c’est dommage car je pense ne pas avoir réussir à saisir les réelles qualités de l’auteur… Je ne suis peut-être pas encore prête pour ce genre de livre ? Je ne le barre pas de ma liste, j’essayerais de trouver un autre roman de lui à la bibliothèque, et cette fois j’essayerais d’en prendre des plus connus, on m’a conseiller Le Chercheur d’or ou Désert ! Pourquoi pas ^^


Un jardin à Téhéran de Susha Guppy

mars 11, 2009

Quatrième de couverture :

L’auteur se remémore ses années de gamine, puis d’adolescente, passées dans une vieille demeure du Téhéran de l’après-guerre : à une époque où religion, tolérance et art de vivre s’accordaient encore, au rythme oriental des fêtes et des saisons.

Mon avis :

Un livre que j’ai acheter totalement par hasard alors que je m’étais promis de rien n’acheter en entrant dans la librairie, mais comme d’habitude je n’ai pas pu résister ! Il faut dire que les commentaires de la couverture étaient alléchants, les quelques pages que j’avais feuilleté me faisais déjà envie, et enfin parce que j’aime particulièrement cette édition Phébus libretto, qui m’a déjà fais faire de jolis découvertes ! Smile

Eh bien après lectures de ce livre, je n’ai pas du tout été déçu ! C’est même un roman très beau que nous offre ici Shusha Guppy, un petit voyage dans la Perse, aujourd’hui l’Iran, qui nous fait la fait découvrir sans la connotation négative que nous avons aujourd’hui de ce pays.

Une série de portraits, les traditions et le quotidiens orientales, la place de la religion, tout est ici peint avec beaucoup de poésie et, on le sens, une pointe de nostalgie, l’auteur se souvenant avec mélancolie de ce “paradis perdu”.

Un très beau voyage que je vous invite vous aussi à faire coeur


Mon Nom est Rouge de Orhan Pamuk

janvier 2, 2009

Quatrième de couverture :

Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l’Empire ottoman, sa culture, ses traditions et sa peinture. Car les miniaturistes de l’atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d’illustrer un livre à la manière italienne…

Mon avis :

J’ai finis il y a peu la lecture de ce petit pavé. Mon Nom est Rouge nous plonge au XVIème siècle dans la ville d’Istanbul. Un meurtre y est commis, la victime est Monsieur Délicat, enlumineur travaillant dans l’atelier de Maître Osman.
A travers la voix de multiples personnages, la lumière va être peu à peu faites sur ce crime…

En plus de cette véritable enquête passionnante, le roman nous permet de découvrir la culture ottomane. A une période où les échanges sont en pleine essor, avec notamment la suprématie grandissante des Vénitiens sur la mer, les cultures se croisent, et le regard des peintres ottomans sur l’art occidentale est à la fois extrèmement critique et curieux de ces nouvelles techniques.

Il est très intéressant de voir la conception de la peinture qu’on les ottomans, les miniatures devant être en faites des représentations du monde comme Dieu le voit. J’ai trouvé cela très enrichissant, de découvrir ainsi une petite partie de cette culture que j’avoue méconnaître.


La Colère des aubergines de Bulbul Sharma

décembre 2, 2008

Les Nouvelles

- De l’or en jarres
- Un goût pour l’abnégation
- En sandwich !
- Concours d’agapes
- La Colère des aubergines
- L’épreuve du train
- Folie de champignons
- Les affres sans fin de la faim
- Le poisson-lune
- Qui meurt dîne
- Festin pour un homme
- Son pesant de sucre

Mon avis :

A travers une dizaine de nouvelles sur le thème de la cuisine, Bulbul Sharma nous fait découvrir les recettes et les traditions de la culture indiennes.

Joliment écrite, chaque petit récit est à la fois très agréable à lire, mais aussi un vrai régal pour le palais la nourriture ayant bien sûr une place majeure, de plus à la fin de chaque nouvelle, une ou plusieurs recettes sont données.

Un petit livre qu’on dévore littéralement ! Je n’ai pas mis plus de quelques heures à le lire : très réussi, cuit à point et délicatement parfumé aux épices ! Une très belle découverte !


Voyages de Gulliver de Jonathan Swift

novembre 28, 2008

Résumé :

Ce livre est en réalité composé de quatres parties, chacune détaillant l’un des voyages de Gulliver. Ce marin va traversé de nombreux pays : la célèbre ville de Lilliput, le pays de Brobdingnag ou encore chez les Houyhnhnms. Il va découvrir des peuples et des cultures très différentes de la sienne.

Mon avis :

Beaucoup d’imagination dans ce livre et dans l’invention de ces peuples étranges. L’histoire est très intéressantes sur deux aspects : d’un côté l’aspect divertissant du livre, les péripéties de Gulliver, ces rencontres et son adaptation à ces pays si différents, et d’un autre côté, l’aspect utopique du livre. J’ai trouvé dans le style, que Swift se rapprochait énormément de Thomas More, écrivain de l’Utopie, dans ça manière de présenté ces civilisations. Il y a une vraie dénonciation de la société à l’époque à travers l’histoire de ces sociétés, souvent parfaite par bien des aspects.

Un livre donc très agréable à lire et très intéressant.


Je pointe le bout de mon nez…

novembre 27, 2008

J’ai un peu honte quand je vois des visites toujours régulières sur ce blog alors que je le laisse quasi à l’abandon… Je me suis donc sentie obligé de vous donner des nouvelles, au cas où cela intéresserait quelqu’un :D

Je vous rassure, je n’ai pas arrêté de lire ! J’ai d’ailleurs fais l’acquisition d’une très belle édition des Essais de Montaigne dernièrement, je lis donc des petits bout de temps en temps… Au calme bien sûr ! C’est le genre de lecture qui demande une certaine concentration, mais elle n’en est pas moins intéressante au contraire ! En parallèle je lis Révolution de J.M.G Le Clézio, c’était un nom que j’avais beaucoup entendu, et comme pas mal de monde, l’annonce de son prix Nobel m’a donné envie de le lire.

Je continue donc mon petit bout de chemin dans le vaste monde de la littérature. J’essayerais tout de même d’écrire un peu par ici, mais j’avoue ne pas toujours avoir l’envie…

A bientôt j’espère :)


Les Nouvelles de Pétersbourg de Nikolaï Gogol

octobre 25, 2008

Nouvelles :

- La Perspective de Nevski
- Le Nez
- Le Portrait
- Le Manteau
- La Calèche
- Le Carnet d’un fou

Mon avis :

La première nouvelle ma parut longue, La Perspective de Nevski est assez descriptive et l’histoire est longue à démarrer… J’ai donc eu un peu peur au début de ne pas accrocher, sachant que je ne connaissais pas du tout Gogol, j’ai voulu le découvrir poussée par ma curiosité pour les auteurs russes.

Finalement Le Nez, m’a tout de suite réconciliée avec l’auteur et les autres nouvelles ont confirmé cette bonne impression ! Des histoires loufoques entre réalité et fantastique, des portraits descriptifs très réussis.

Impertinentes, très agréables à lire, ces nouvelles m’ont décidément beaucoup plût ! La littérature russe a le don de me charmer !


Don Quichotte de Cervantès

octobre 3, 2008

Quatrième de couverture :

Don Quichotte, ou l’imagination détraquée. c’est parce qu’il a lu trop de romans de chevalerie que notre hidalgo sombre dans la folie et se lance sur les routes pour défendre la veuve et l’orphelin, inutilement tancé par le pauvre Sancho. Est-ce à dire que, pour Cervantès, dont la vie fut si rocambolesque, autant, peut-être, que celle de sa créature, l’imagination se définit seulement comme une faculté maléfique ? Et si son œuvre était aussi une célébration de la folle du logis, de ses jeux et de sa vitalité ? La preuve en est que le Quichotte enchante, tient en haleine et fait rire son lecteur quatre siècles après.

Mon avis :

J’ai un peu honte quand je vois la date de parution de mon dernier article, mais bon, entre les vacances, la rentrée, les cours… J’avoue que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour ce blog (et aussi l’envie quand j’y pense…). Enfin cela ne m’a pas empêché de lire je vous rassure !

J’ai donc emprunté le tome 1 de Don Quichotte à la bibliothèque, et je dois dire que je n’attend que de pouvoir obtenir le tome 2.

Ce livre est un régal à lire, d’une simplicité qui est déconcertante pour un livre du XVIème siècle : l’histoire est écrit dans un langage très simple et la majorité du livre est constitué de dialogues. On dévore donc ce premier pavé avec facilité.En plus d’être facile à lire, ce livre est aussi très drôle : les aventures de ce chevalier errant et de son fidèle valet Sancho Panza sont loufoques et cocasses. Don Quichotte, ce noble devenu fou à force de lire des livres de chevaleries, s’entête à imiter en tout point ces héros préférés, il est parfaitement ridicule pour notre plus grand plaisir, confondant une auberge avec un château, les moulins avec des géants, une paysanne avec une noble dame, et j’en passe !

Une foule de personnages va croiser le chemin de nos deux héros tout au long du récit, nous faisant part de leurs aventures, leurs expériences, leurs malheurs…

Tout simplement passionnant, les aventures Don Quichotte se dévorent avec un grand plaisir, les pages filent sans que l’on s’en rende compte ! Je suis vraiment impatiente de retrouver ce chevalier !!


La formule préférée du professeur de Yôko Ogawa

août 22, 2008

Quatrième de couverture :

Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d’une soixantaine d’années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l’autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes.
Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter – le professeur oublie son existence d’un jour à l’autre – mais c’est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d’attention qu’elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur…

Mon avis :

J’avais gardé un souvenir mitigé de La Piscine de Yôko Ogawa. Mais la quatrième couverture de ce livre m’avait attirée. Je me suis donc décidée à tenter un nouvel essai avec cette auteur.

Et cette fois-ci, j’ai pris beaucoup plus de plaisir avec ce roman, l’atmosphère pesante et trop sombre que j’avais trouvé dans La Piscine c’est complètement envolé, laissant place ici entre une relation entre trois personnages pourtant totalement différent : une aide-ménagère, le vieux professeur dont la mémoire n’excède pas 80 minutes, et le fils de la jeune femme, un jeune garçon passionné de base-ball.

Une réelle complicité s’installe entre eux, et cela malgré le handicap du vieux monsieur. Ce dernier au contraire, va partager son amour pour les mathématiques.

Un très joli roman donc, qui me réconcilie avec une auteur talentueuse, mais dont je n’aime pas le style “roman noir”.